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Cavales #4 : Aux bals et cætera…

Allez, on sort les camions, on fait briller les uniformes et les boules à facettes, ce week-end on part en guinguette. Bienvenue sur nos lignes !

CAVALES
4 min ⋅ 11/07/2025



Avec ses flonflons, ses slows collés et ses bagarres sous buvette, on s’est demandé si le bal des pompiers prenait gentiment la poussière dans l’armoire municipale. On a passé des coups de fil dans toute la France, aux casernes de pompiers volontaires, pour comprendre ce qu’il reste – ou pas – de cette fête populaire. Avec l’espoir un peu vintage qu’on s’emballe toujours sous les lampions. Bonne nouvelle, des Hauts-de-France aux Landes, cette vieille fête séduit toujours autant. Et mérite bien une revue d’effectifs.


Petit point histoire :
tout est parti d’un heureux hasard. Un soir de 14 juillet 1937, des quidams s’incrustent dans la caserne de Montmartre pour trinquer. L’invitation est lancée pour l’année suivante et se répand comme une trainée de poudre. Le bal du 14 juillet est désormais celui des pompiers. Et au vu des milliers qui perdurent chaque année, l’affaire n’est pas près de s’arrêter.

Mais au fait, à quoi ça sert ?
Dans les casernes de pompiers volontaires, tout le monde est unanime : à se retrouver. Entre collègues, entre gens d’un même coin. Parce que quand on est habitués à ne se voir qu’en cas de coups durs, ça fait du bien de danser ensemble. Cette année, les volontaires de l’Aire-sur-l’Adour (Landes) espèrent à nouveau dégager mille à deux mille euros de la buvette, pour remplir les caisses de l’amicale des volontaires. À l’heure où les pompiers sont engagés sur des fronts, climatiques comme sociaux, toujours plus chauds, il est indispensable de rester collés-serrés, à coup gueuletons et de week-ends. Dans ces petites casernes qui tiennent parfois tant bien que mal, on rappelle aussi que face à la crise des vocations, une bonne fête reste la meilleure publicité. On s’y retrouve en rituel, toutes générations confondues, pour bouger « sur de la musique pop » (merci Thierry). À Mervans (Saône-et-Loire) ou Tarare (Rhônes), le bal « musette-buvette » est une valeur sûre et pour rien au monde, on ne changerait la formule.


Puis il y a les aventuriers, souvent une jeune génération, qui bouscule tous les codes. À Loudéac (Côtes-d’Armor), l’asso « Sapeurs En Scène » monte un évènement sur toute une journée, pour récolter des fonds caritatifs. Des mois de prépa, une centaine de bénévoles mobilisés, le bal vire au festival, avec en point d’orgue, des sapeurs qui n’hésitent pas à se dessaper. Ou comment tomber la chemise (merci Zebda) pour faire le show. On n’hésite plus à quitter les casernes pour investir de nouveaux lieux. Ce sera le parc Aquarev à Loudéac (navette gratuite) ou les arènes à Frontignan (Hérault). Au bord de l’Étang de Thau, on accueille des milliers de personnes autour de foodtrucks et de gros sons, pour faire de ce rendez-vous est un incontournable de l’été.

Moralité :

le bal du 14 juillet n’a plus toujours lieu le 13, l’accordéon passe volontiers en mode électro, le burger remplace le dwich-merguez, mais dans les centaines de casernes qui se préparent à faire la fête cet été, l’histoire reste la même. Depuis des mois, ces volontaires, pompiers à leurs heures et professionnels de tous corps de métiers, s’inventent une troisième vie : graphiste, programmateur, roadie, dj, cuistot ; sortent le bleu de chauffe pour embraser la piste le temps d’un soir. Alors que l’été leur promet encore quelques gros coups de chaud, ça a tout de la bonne idée !

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